SAN CRISTO
Histoire d'un couvent et de sa restauration

 

 


 

LES TROIS CHAPELLES DU BAGNADORE

Suivant la tradition, ces chapelles ont été insérées 1640 par Pier Maria Bagnadore (Orzinuovi 1545/50 - après 1620), peintre de la manière influencé par Moretto, imitateur trés habile dans l'emploi de la couleur et de la lumière, mais plus remarquable comme architecte.

Après le Concile de Trente, suite à l'augmentation des pretres parmi les Jésuates et la conséquente nécessité d'enlargir l'église, le Bagnadore ouvre trois arcs dans la paroi droite pour accéder à des respectives chapelles, dont la centrale est ornée d'une cupole et communique par deux portes aux laterales. Sa base est carrée, la coupole à calotte est surmontée d'une lanterne, qui donne de la lumière à l'espace intérieur, autrefois fresqué par l'architecte lui-meme avec le thème classique des prophètes et sybilles. Aux parois il y avait des toiles à huile sur le thème de l'enfance de Jésus,c'est à dire la Naissance, la Visite des rois Mages, et la Circoncision. Plus tard l'autel centrale avec la naisssance de Jèsus sera remplacé par un autre en bois avec marqueteries de nacre, destiné à accueillir la statue du Sacré Coeur. Les deux autres toiles sont déjà restaurées
La chapelle de gauche, dédiée à la Passion de Jésus, est décorée d'une Crucifixion et d'un Jésus souffrant. L'autel baroc en bois avec deux colonnes tortiles est occupé maintenant par une grotte de Lourdes d'époque '800.
La troisième chapelle garde un lourd sarcophage-réliquiaire en pierre, où réposent les restes de martyres Jéan, Paul et Saturne, suivant le mots latins

HIC SS.MART. - IOANNIS.PAULI.SATURNIQUE. - OSSA QUIESCUNT

L'ensemble est complété par une fresque dans la voute, qui montre S. François en gloire sur les nuages parmi des anges, d'époque tardive. Aux parois il y avait dans le passé les toiles de S. Antoine de Padoue, de l'Immaculée Conception, etc&déplacées.
Très problablement Bagnadore a projété les chapelles, en complétant celle du milieu, dédiée à l'Enfance de Jésus, par les toiles qu'il possédait en précédence. En particulier la Naissance nous renvoit à certains éléments de la peinture émilienne du Correggio, comme on peut remarquer dans l'étude de la lumière qui rayonne à partir de la crèche, tandis que les deux autres nous rappellent la manière romaine du Muziano et du Savoldo.
En ce qui concerne l'architecture, il y a en ville un autre exemple du Bagnatore qui répète la structure de la chapelle centrale. Il s'agit de l'oratoire de S. Maria del Lino sur la place du Marché, bati 1608. "En tout cas, si le Bagnadore meurt vers 1620, les chapelles ne peuvent pas dater 1640, comme jusqu'au présent on a toujours répété. Si S. Maria del Lino date du 1608, il nous semble légitime placer la chapelle de S. Cristo dans la seconde décennie du 1600, puisque celle-ci est modélée sur la précédente." (Luciano Anelli)

 

LES MINEURS REFORMES.

Après la suppression des Jésuates le 7 décembre 1668, le blanc vetement des frères de l'eau est remplacé par le marron des fils de S. François, qui l'achètent de la République de Vénise et y restent jusqu'à la sécolarisation de Napoléon.
La première chapelle à droite est dédiée aux saints de l'Ordre, S.François sur la voute en fresque, et S.Antoine de Padoue sur toile par Bernardino Bono. Cette toile existe encore, gardée chez les pères Xavériens. On nomme aussi d'autres toiles, comme une Déposition des Campi. La chapelle centrale voit la transformation de l'autel remplacé par l'actuel en bois, dédié à la dévotion du Sacré Coeur, signe évident de la diffusion des visions de S. Marguérite Marie Alacoque (+1690). La troisième chapelle porte une Immaculée Conception de Agostino Soloni et des toiles latérales de Francesco Paglia. Cette présence au XVII siécle s'explique avec la diffusion de cette dévotion parmi les Franciscains, si on pense à l'approfondissement théologique de ce mystère dans l'Ordre depuis le études de Duns Scoto. La grotte, qu'on y voit, a été ajoutée au XIX siècle après les apparitions de Lourdes (1858).
Dans une note du 1675 est signalée la présence d'une peinture sur bois de Ieronimo Serino, près de l'autel du presbytère et à coté une toile avec S. François d'Assisi de Francesco Paglia, et une avec S. Pierre d'Alcantara de Pompeo Ghitti. A ce moment on commence à douter de ces écrivains anciens, puisque les deux raffigurations existent au présent, mais il s'agit plutot des fresques assez sombres du XVII siècle qui occupent le premier arc à partir du Jugement Universel.
A cette période remontait aussi l'imposant pupitre en bois, sculpté avec des saints franciscains, placé à droite du monument Martinengo, à son temps allé dispersé.
Le sousol était destiné à la sépulture des moines et des nobles. Il gardait aussi le tombeau, enlevé 1997 suite aux travaux pour le nouveau pavement, du bienheureux Ballardini Lodovico de Breno (179), un franciscain qui se donna à l'apostolat parmi les calvinistes du canton de Lucerne et mourut saintement dans ce couvent de Brescia.
Les Franciscains restent jusqu'à 1810 quand, suite aux suppressions napoléoniennes, le couvent devient propriété de l'état. Malgré celà, les frères plus agés continuent d'y vivre. Le dernier trouvera sa mort pendant le Dix Journées(1859) par la main d'un soldat croate.

 

LE SEMINAIRE ET MONS.CAPRETTI.

En 1821 le gouvernement autrichien cède la propriété toute entière à l'éveque mons. Gabrio Maria Nava, lequel y installe une partie du séminaire de S. Pietro in Oliveto. Pendant la parenthèse de la guerre d'Indépendence 1866, il est destiné à accuellir les blessés et les malades de la guerre pour la conquete de Vènise. Après il trouve sa destination comme Hospice pour les séminaristes pauvres de l'abbé Pietro Capretti, qui doit quitter le couvent voisin de S. Pietro in Oliveto, acheté entretemps par les Carmélites.
Le complexe était dans un état simplement pitoyable. Pour réparer le couvent, en 1822 Pietro Capretti vend l'orgue et le pupitre aux Carmélites de Vénise. Il obtient aussi la permission d'utiliser les pierres dérivées de la démolition de l'escalier-couloir réliant le séminaire avec le couvent de S. Pietro in Oliveto.
1875 l'hospice devient Séminaire Mineur du Diocèse, selon la décision de l'éveque, qui désire éloigner par cela des critiques et des supçons sur l'ouevre du jeune pretre.
A partir de 1883 commencent les travaux de restauration. La Commune contribue, mais en échange demande le monument funèbre des Martinengo pour le nouveau Musée Chrétien de S. Giulia, après consentement de la famille des comtes et de monsieur l'éveque.
La voute de l'église était en mauvais état et les peintures assez déturpées , meme effacées. On discuta si on devait conserver ce qui restait de l'oeuvre du Marone ou si plutot il convenait peindre à nouveau le tout dans un style proche du XV. On opta pour cette dernière solution. L'architect comunale Tagliaferri dirigea les travaux, avec la collaboration du jeune peintre Chimeri. Les fresques du XV siècle, découvertes sur l'arc de triomphe, furent restaurées par le Volpi, dont la patience et l'habilité étaient très connues

Le clergé local connaissait la dévotion et le zèle de mons. Capretti pour le Sacré Coeur, sans jamais entrer dans la polémique antijanséniste. Un moment de particulière partécipation a été la fete du Sacré Coeur du 1 juin 1883, quand on posa la statue dans la chapelle omonyme. Le 1 décembre 1886 le père Piamarta célébrait dans ce meme lieu la Sainte Messe avec la partécipation de premiers quatre Artigianelli. L'année suivante il renonca à la paroisse, suivant l'orde de l'éveque, et se dédia ame et corps à l'Institut.

La construction de l'orgue, confiée à Jean Tonoli, fut complétée le 18 janvier 1879. L'actuel remonte au 1888, porte le numero de série 82 de la firme Inzoli de Crema, et précède d'un nombre celui bien plus grand du dome de Cremona. Les successeurs de la très renommée firme ont terminé la restauration le jeudi 9 juillet 1998, just dans le centénaire, par l'intéressement et la contribution d'une dame de la bienfaisence.

De l'an 1889 datent les nouvelles constructions des dortoirs de S. Charles et de S. Louis, celui de S. Jéan est adapté en petites chambres et S. Pierre transformé et modernisé. Ces structures existent toujours au deuxième étage: Seulement la quatrième, qui se posait entre les deux cloitres, a été abattue à cause de son instabilité.

La noble figure de mons. Capretti reste à jamais liée au S. Cristo, où il meurt le 18 janvier 1890. Il y repose entre la seconde et la troisième chapelle, là où se nourrissait sa dévotion au Sacré Coeur et à la Vierge de Lourdes. Un monument le représente dans le marbre candide, au milieu d'un petit temple neogothique, projeté par Carlo Melchiotti, executé par Francesco Pezzoli, daté ANNO MDCCCIXC.III.NON.MART.

Le Séminaire Mineur continue l'oeuvre de restauration en 1930 par l'intervention de Trainini Vittorio et neveu, c'est à dire le dernier des fresquistes de Brescia. Comme d'habitude, il commence du presbytère et s'arrete à l'arc du triomphe, où il decouvre le Jugement Universel et les premiers deux apotres. L'artiste n'a pas seulement sauvé et re-fresqué, mais aussi completé et ajouté de sa propre main, ce qui crée des problemes pour le travaux d'aujourd'hui.

 

LES MISSIONAIRES XAVERIENS

Pendant les grandes vacances de l'été 1957 le Séminaire passe dans les nouveaux batiments de Mompiano. Le vieux couvent est vendu aux Missionaires de S. Francois Xavier de Parme, qui y s'installent tout de suite et commencent l'oeuvre de restauration de tout le complexe.
Déjà en mai 1958 sont libérées les colonnes du cloitre d'entrée, comme celles plus petites de la loggetta au premier étage. Dans le passé on les avaient murées pour avoir de nouveaux locaux. à disposition.
En 1962 on parle des fresques de l'abside, comme de "Jesus dans le jardin des oliviers", situé dans le cloitre, et de la plus remarquable "Dernière cène" du Romanino dans le réfectoire.
Le 14-10-1977 l'école ENAIP de Botticino achève les travaux sur la paroi de gauche.
Pour admirer les douze Apotres de la voute il faut attendre le janvier 1981. Entre temps on opère sur les structures, c'est à dire le toit, le fond du pavement insidié par l'humidité, la façade qui montre deux felures transversales.
Dans les années 1990 on termine de restaurer la paroi gauche, où sont decouvertes la scène de S. Jéronime avec d' autres saints en extase et celle de S. Marghérite de Antioche de Pisydie, grace aux fonds de l'initiative "Rose de Mai" organisée par les dames du Lions Club Capitolium.
Septembre 1997 on travaille sur le pavement, après avoir installé le chauffage souterrain.

 le petit cloitre d'entréeAu présent le petit cloitre d'entrée se configure dans la structure originaire des douze colonnes en style tuscanique disposées sur trois cotés, désormais dégagées. Le coté nord est occupé par une haute paroi qui se termine dans l'agréable loggetta, point de vue enviable. pour un panorama sur le toits de la ville ancienne jusqu'aux nouvelles constructions vitre-ciment de Brescia 2. Une porte qui mène au cloitre de l'église et une statue di S. Joseph complètent la paroi. Le coté sud est devenu le passage entre la porte cochère et la vaste cour, autrefois champs de jeu pour les gosses destiné maintenant à parquer les voitures. Elle donne sur la ville, en particulier sur le mur d'enceinte du théatre romain, à orient est la portinerie (une fois désignée comme distillerie, de l'eau-de-vie bien entendu, et pour cause les Jésuates étaient nommés frères de l'eau), à nord se situent les batiments du couvent, tandis qu'à l'ouest sont les espaces libres de la colline et du jardin potager, précédés de la nouvelle maison et de la colline de Lourdes.
Christ. Méridienne catoptriqueLe cloitre de l'église présente en bas le tour complet des colonnes en marbre blanc et chapiteaux de feuilles grasses. Au plan supérieur, elles se disposent sur trois cotés, plus légères et redoublées. Le quatrième à l'ouest fait exception et présente une paroi rythmée par les fenetres des "chambres des Supérieurs".La colonnade septentrionale se signale par une porte murée, sur laquelle on peut admirer un cadran solaire très rare, illustré sur la croisière par les lignes des mois et des saisons, et recevant la lumière du soleil d'en bas par un miroir, posé sur la moitié de l'arc et réflétant sur le plafond.Il s'agit d'une rare méridienne catoptrique.

Parmi les pierres tombales posées entre les colonnes, une attire l'attention à cause de ses vers latins

MORTE NITENT MORES
CUPIS ERGO CANDIDUS ESSE
A BLANCA MORA DISCE
NITORE MORI

qu'on peut traduire: Dans la mort resplendissent les cotumes - si donc tu désires etre pur - apprends de la Bianca Mora - pour mourir dans la pureté. La défunte s'appellait Mora, (coutume en latin), et Bianca, ( Blanche, référence à la pureté) d'ou le jeu de paroles entre la morte et la candeur.

Le troisième cloitre était accessible par un couloir sous les chambres des Supérieurs. Actuellement fermé et destiné à sacristie de la chapelle intérieure, il présente des fresques encore à découvrir autour d'un portail, ORATORIUM S.HIERONIMI, encore ce saint protecteur des réligieux, traducteur de la Bible appelée Vulgata.
Pour acceder au cloitre il faut rejoindre la grand cour et s'introduire dans un passage fresqué avec les sujets de la manne, du sacrifice de Isaac et des noces de Cana, toujours de la main de fra' Benedetto da Marone. Par une porte à gauche on entre dans l'ancien Réfectoire , actuellement Salle de Conférences capable d'une centaine de personnes avec possibilité de video-projection. Notre attention est frappée par une scène fresquée d'une façon remarquable du peintre local Romanino, qui a répresenté sur la paroi de fond la classique Dernière Cène, sur le modèle de celle bien plus célèbre de Leonardo à les Grazie de Milan. Sur les parois laterales il a fait suivre les figures des prophètes, que l'abandon du temps nous permets à peine d'apercevoir.
Une curiosité reste l'échelle murée qui conduisait à un pupitre (non plus sur place) destiné à la lecture spirituelle.
Qand on sort dans le cloitre, on reste admirés du rythme des colonnes aux chapiteaux à feuilles grasses, qui soutiennent l'élan des arcs à fer de chéval. Nous ne connaissons pas le nom de l'ideateur de ce cloitre et du précédent, mais on le pense du milieu de Bernardino da Martinengo, oeuvrant depuis 1480 dans le couvent des Carmes. Sur le coté sud on peut admirer une Crucifixion du '600 de grand équilibre et bonne exécution. Une autre fresque, pas facilement lisible vers l'angle ouest, est nommé de la Règle et donne le nom à ce cloitre. On peut décéler la figure d'un pape en trone dans le geste de donner le livre des Constitutions à un jésuate agenouillé,et en meme temps lui indiquer l'endroit en bas comme s'il disait: "La règle, ou la prison". On peut vérifier cet enroit encore existant et occupé d'un magasin,que deux pierres d'époque longobarde rendent plus interessant.

Le coté nord (occupé actuellement par la Librerie des Peuples ouverte au public) garde dans le vieux mur les piliers octgonales en brique du couvent de S. Pietro in Ripa, habité au XV siècle par les Chanoinnes de S. Augustin. Les documents anciens de Brescia parlent d'un grand couvent qui comprenait aussi le couvent plus en haut, aujourd'hui nommé S. Pietro in Oliveto, où résidaient les Chanoines de la Règle de S. Augustin. L' 8 juin 1172, à cause des hérétiques presents sur place, l'archeveque de Milan,Galdino, a été contraint d'intervenir et interdire les réligieux accusés qui, par conséquent, ont dù abandoner le couvent, confié à partir de ce moment là aux religieuses. Arnaldo da Brescia lui-aussi devait faire partie du groupe, s'il est vrai qu' il était chanoine et abbé, selon Jean de Salisbury. Il dut partir en exile et , quittant l'Italie , il alla en Suisse, plus tard à Paris où il rencontra Abélard, et termina sa vie décapité à Rome par ordre de l'empereur Fédérique I.

L' ancien couvent se limitait-il à occuper cet angle, obtenu après excavation de la colline, ou était-il bien plus vaste? Sans doute il avait un étage supérieur, témoignagé par les petites colonnes encore sur place. Au présent il montre les nobles lignes de l'époque Rénaissance, par le rythme des colonnes, qui redoublent à l'étage supérieur, celles-ci d'époque récente en pierre tendre de Vicenza, donc un faux pour rétablir l'ancien aspect. Ici, protegées par des larges vitres, sont trois fresques provenant de l'escalier, c'est à dire une Crucifixion et deux Christ à la colonne, qui étaient placés un sur l'autre. Le plus ancien (qui se trouvait dessous et qui avait été pratiquement abimé pour faire place au nouveau) est en effect de qualité nettement supérieure Le visage en particulier est illuminé par la touchante expressivité des yeux, en surprenante analogie avec celui du Christ résussité de la Chapelle extérieure de l'église des Carmes, appellée "cappella parva" ou du cimitière, decorée par Giovanni Maria di Brescia.

Devant cette dernière fresque de Christ à la colonne se termine le tour artistique-réligieux commencé aux pieds de l'escalier qui monte vers l'église dédiée à l'Eucarestie. Ce complexe résume une grande partie de l'histoire de Brescia pendant la durée de cinque siècles. Le temps a fait perdre et disparaitre beaucoup de ses oeuvres avec notre grand regret, mais le désir de le faire revivre à son acienne splendeur est encore plus fort. Il faut citer à ce moment les contributions des amis et visiteurs, de banques comme la Cariplo et la Banca S.Paolo (maintenant Banco di Brescia), du Fond Régional Frisl, qui ont permis de procéder dans les travaux de restauration, confiés à l'équipe de l'Ecole régionale ENAIP de Botticino. On prévoit de l'achever et de la présenter à la contemplation des fidèles (au moins dans sa nef centrale) pour l'anniversaire de sa consécration après cinq cents ans, c'est à dire en 2001&Bien sur à l'occasion de la fete et de la grande procession du Corpus Domini, comme on faisait autrefois.

Brescia sabato 6 febbraio 1999

 

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